« Aucune des mesures prises actuellement par le Canada n’est suffisante pour répondre à la situation. »
Un article récent de Rita Morbia, d’Inter Pares, dresse un tableau sombre de la catastrophe humanitaire – entièrement causée par l’homme – qui se déroule au Soudan et appelle à une action plus forte de la part du Canada.
Que peut faire le Canada pour aider la population soudanaise ?
Jusqu’à présent, le Canada s’est engagé à verser 75 millions de dollars en aide humanitaire au Soudan pour 2025 et a imposé des sanctions ciblées. Et bien que le Canada offre une voie d’immigration familiale aux réfugié-e-s soudanais-e-s, celle-ci est actuellement fermée aux nouvelles demandes.
Le Canada doit faire plus.
Quelle est la première étape pour intensifier l’action du Canada ? Selon Rita, le gouvernement Carney devrait nommer un-e envoyé-e spécial-e au Soudan.
« Le Canada a une opportunité de faire preuve d’un leadership considérable, par le biais d’engagements humanitaires, d’efforts diplomatiques, de sanctions économiques et de mesures liées à l’immigration », écrit Rita (en anglais uniquement).
« Mais la situation exige un-e porte-parole politique de haut niveau, doté-e d’une expertise et d’une expérience spécifiques, un pôle dédié à la collaboration et à l’action. »
Cet-te envoyé-e coordonnerait ses efforts avec la société civile, les groupes de la diaspora et les partenaires internationaux, tout en contribuant à maintenir le Soudan à la une de l’actualité politique et médiatique.
« Il y a eu des cas où, avec des ressources, des actions de plaidoyer et des mesures limitées mais stratégiques, le Canada a montré la voie sur des questions internationales importantes », note Rita dans l’article.
« Il est temps que nous relevions à nouveau ce défi. Ce n’est pas seulement l’avenir du Soudan qui est en jeu, c’est notre propre humanité. »
Que se passe-t-il au Soudan ?
Le Soudan est en proie à une guerre civile brutale entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire. Le pays est de facto divisé entre des zones contrôlées par les SAF et celles contrôlées par les RSF.
« La vie sous le contrôle des premières est difficile ; la vie sous le contrôle des secondes est impossible », écrit Rita.
Tout récemment, les FSR ont pris le contrôle d’El Fasher, dans l’ouest du Darfour, après avoir assiégé la ville pendant 18 mois.
Depuis le début du conflit en 2023, près de 12 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, dont un tiers a quitté le pays. Les combattants des deux camps ont empêché l’aide d’atteindre les civils, et les décès dus à la famine et à la malnutrition sont monnaie courante. Les infrastructures détruites comprennent des hôpitaux, des écoles et des réseaux d’approvisionnement en eau.
Les FSR commettent constamment des violences sexuelles, et plusieurs sources, dont les États-Unis, ont qualifié ses actions de génocide.




